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Je suis avec des copains devant Notre-Dame de Paris. Nous franchissons un pont pour atteindre la rive gauche, puis nous nous enfonçons dans les rues. Nous nous retrouvons finalement dans une rue bien étrange : tout un côté en est occupé par une série de bâtiments dont les portails et les larges fenêtres sont aménagés au fond de vastes niches concaves, en retrait par rapport à la rue. Ces immeubles, parce qu'ils sont entièrement couverts de mosaïques dorées, dégagent une lumière si étincelante qu'elle paraît fausse. Emerveillé, je regarde la plaque portant le nom de cette rue méconnue du Vieux Paris : elle s'appelle la "Rue Dorée".
Nous entrons dans une boutique située en face de ces palais aux reflets orientaux. Je visualise la scène (en noir-et-blanc) d'un point de vue extérieur, fixe, situé juste sous le plafond. En fait je vois tout comme si j'étais la caméra de vidéo-surveillance. Après une altercation floue avec le commerçant, je décide de m'allonger sur un matelas situé juste sous la caméra. C'est ainsi que je me vois m'endormir.

Est-ce un rêve dans le rêve ou me suis-je réveillé téléporté ? Je reprends conscience de moi-même dans ma propre rue : il fait nuit, il n'y a pas de voiture, alors je marche au milieu, je descends doucement vers la Seine, que j'atteins après avoir franchi l'avenue de Versailles. A ma gauche, en amont, la tour Eiffel éclairée se reflète dans le fleuve. En marchant un peu j'y serai bientôt.
Je marche donc le long de la Seine. A ma droite, en contrebas, les voies sur berge. A ma gauche, une rangée ininterrompue d'immeubles bourgeois. Soudain, la lumière blanche d'un éclair fait apparaître parmi eux la façade caractéristique d'une église romane. Dans l'obscurité revenue, je scrute. Pas d'église. Aucune trace de cette vision éphémère. Derrière une fenêtre, je vois une femme au téléphone. La lumière s'éteint d'un coup et un petit éclair bleu parcours de bas en haut la pièce plongée dans le noir. Tout ceci s'est déroulé rapidement et sans le moindre bruit. D'un seul coup cette pièce explose, le souffle arrache la fenêtre et brise ce silence étouffant. Le feu se répand immédiatement à tout l'immeuble, puis aux batiments voisins.
Il faut que je rentre le plus vite possible chez moi. Je me mets à rebrousser chemin en courant sans me retourner. Je me vois de dos, fonçant droit devant moi en faisant des écarts à droite ou à gauche pour éviter les poubelles, réverbères et arrêts de bus répartis sur le trottoir qui défile sous mes pieds. A chaque fois que je croise un de ces obstacles (ou un panneau, un arbre, un parcmètre), il prend feu d'un seul coup.

Arrivé chez moi, je trouve les pompiers dans la cage d'escalier.

Bigorno, rêvé en 1993.


Je me réveille sceptique au sommaire.